Balade printanière dans cet écrin des pentes de la chaîne du Jura, nous gravissons le sentier qui serpente entre les hêtres et les ifs.

Elle est unique, elle contient un ensemble varié d’essences feuillues, l’arbre sacré des Celtes y vit en paix depuis des siècles, avec ses écorces colorées rougissantes ou lisses.

De beaux spécimens y trouvent “racine” depuis plusieurs siècles déjà.

Ont-ils été témoin de la grande bataille de Grandson, non loin de là ?

J’en doute, celle-ci a marqué le Moyen-Age à une période troublée par les guerres  bourguignonnes et confédérées . Les ancêtres des ifs ont-ils peut-être aussi utilisés par les facteurs de Longbow pour de beaux arcs de guerre ?

Pourquoi pas, on peut l’imaginer, même si l’arbalète tenait le haut du carreau !

Le grand arc est associé à la guerre et aux attaques de la chevalerie par la piétaille, il fut une des raisons de l’invasion anglaise sur le royaume de France, comme quoi la surprise peut venir de ceux que l’on a oublié.

Je ne me soucie peu de ce sombre passé où à l’image aussi de notre époque, les hommes rêvent de conquête et de pouvoir sur les faibles…

Je suis fasciné par les dessins des écorces, les formes nuancées, son grain fin ou grossier et les couleurs subtiles mises en valeur par la dernière averse printanière. je me demande souvent si couper un des ces arbres que je considère comme sacré est justifié?

Le facteur d’arcs offre une seconde vie à l’arbre, c’est connu, et c’est magique de construire un objet dynamique en étudiant chaque aspect des veines des plateaux.

Je considère l’if, comme essence totalement en symbiose avec les règles complexes de la factures d’arcs; je suis convaincu également qu’un arc construit avec des bois indigènes en branches résonnera d’une autre manière et entonnera un son cristallin à la décoche…

Je n’ai guère envie aussi de mettre des lames de bambou industrielles dans mes lamellés, c’est un peu comme si on mangeait une belle truite sauvage pêchée accompagnée d’une mayonnaise…

Nous avons à notre portée des trésors de beautés naturelles, l’artisanat est encore bien vivant, sachons mettre en valeur les bois de nos forêts. Un peu de temps et d’observations, le regard et l’empathie du créateur/artisan saura révéler à son œuvre, ses véritables qualités.

Belle balade printanière

Grandarc

 

 

 

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